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Le curetage

Le curetage

Définition : méthode curative de lutte contre les maladies du bois

Les maladies du bois sont un problème viticole majeur actuellement. Elles sont responsables d’un dépérissement rapide des vignobles et prennent de plus en plus d’ampleur. Par endroit, la mortalité peut atteindre 5% des ceps par an.

Si elles ne sont pas prises en considération sérieusement, les conséquences à moyens termes seront considérables avec dépérissement quasi total de certains vignobles.

Depuis quelques années, la profession prend ce problème à bras le corps pour mettre en œuvre les moyens de contrer ce fléau.

A ce jour, il apparaît que les causes du développement de l’esca soient multifactorielles : nature du cépage, qualité du greffage, soin apporté à la plantation, mode de conduite, respect des flux de sèves lors de la taille, délai d’entrée en production, etc.

Crédit photo Domaine Laroche

Sur vigne en production, si les symptômes s’expriment, il existe une technique curative permettant de prolonger la vie du cep : le curetage. Cette technique consiste à intervenir directement sur un pied exprimant les symptômes d’esca à l’aide d’une petite tronçonneuse à main.

Le but de cette manipulation est d’ouvrir le cep et d’éliminer en grattant le bois infecté par le champignon ; c’est ce que l’on appelle un amadou. Celui-ci se repère par son aspect orange et sa texture spongieuse.
On peut comparer cette technique avec celle du dentiste qui soigne une carie.

Crédit photo Domaine Laroche

Cette manipulation permet non seulement de sauver le pied de la mort mais, si elle est effectuée suffisamment tôt dans le cycle,
permet aussi de sauver la récolte de l’année en cours.

Crédit photo Domaine Laroche
Crédit photo Domaine Laroche
Crédit photo Domaine Laroche
Crédit photo Domaine Laroche

Une fois cureté, le cep en question retrouve toute sa vitalité les années suivantes et porte à nouveau une récolte normale.

Crédit photo Domaine Laroche

Bien que contraignante et couteuse en main d’œuvre (la moyenne de cep traité dans une journée est d’environ 80), le curetage permet de diminuer très fortement les opérations de complantation. En effet, outre le coût et le temps nécessaire au remplacement des pieds morts, ceux-ci mettent en moyenne plus de 5 ans avant de devenir à nouveau productifs.

Gestion de l’irrigation

Gestion de l’irrigation

L’état hydrique des vignes est un facteur clef de la qualité et du rendement. Dans la majorité des régions viticoles françaises, les précipitations assurent un apport suffisant. Mais dans les régions plus méridionales, dans de nombreux pays étrangers et pour certains millésimes rendus plus fréquents en raison des changements climatiques, l’usage d’une irrigation peut être souhaitable.

Cycle des besoins en eau de la vigne

Lors de la période entre véraison et récolte, une trop grande disponibilité en eau favorise les profils herbacés dans les vins tandis qu’une trop grande contrainte hydrique donne des vins concentrés, trop alcooleux et tanniques. Cela peut induire un flétrissement des baies voire des blocages de maturité. Il peut être alors nécessaire d’irriguer pour maintenir l’état hydrique dans une contrainte raisonnable (flèches bleues).

A chaque situation un niveau de contrainte

Le comportement de la vigne face à la contrainte hydrique va être très différent d’une situation à l’autre. Les facteurs clefs sont le cépage et l’objectif de production.

Certains cépages vont bien résister à des états de stress hydriques poussés alors que d’autres peuvent bloquer la maturation des raisins afin d’assurer la survie des parties végétatives. De même, un vigneron ayant, pour une parcelle donnée, un objectif prioritaire de rendement s’autorisera moins de stress et irriguera plus abondamment et plus tôt que s’il visait une maturité plus poussée. Tous les intermédiaires sont possibles suivant la stratégie déterminée.

De la même façon, la composition du sol, le climat et un éventuel enherbement vont jouer sur l’apport en eau et impacter la façon d’apporter ou non l’irrigation. Les questions clés dans la définition du système d’irrigation sont :

  • Quand commencer l’irrigation ?
  • Ou apporter l’eau et comment ? Par goutte-à-goutte enterré ou non, par inondation, par aspersion ?
  • Quel volume apporter en un coup ?
  • A quelle fréquence renouveler l’irrigation ?

Pour décider si la vigne a besoin ou non d’irrigation, les viticulteurs ont un grand nombre de méthodes de mesures possibles.

Deux façons d’un système d’irrigation par goutte à goutte aérien

Méthodes de mesures

  • Méthode du potentiel hydrique (mesuré à la parcelle avec une chambre à pression) la plus utilisée et exploitable. Il s’agit, par mesure de pression dans la plante, d’estimer la disponibilité de l’eau dans les sols.
  • Méthode du Delta C13 (mesuré à posteriori en analysant le moût de raisin) comme élément d’analyse critique a posteriori.
  • Mesure de la température des feuilles (estimation de la transpiration)
  • Bilan hydrique (par modélisation)
  • Mesures directement sur plante (conductance stomatique, capteurs de flux de sève, variation du diamètre des troncs) ou indirectement (estimations à partir de données climatiques, sondes dans le sol, calculs d’indices)
  • Observation visuelle de la vigne : Apex en croissance / jaunissement des feuilles de la base/ positionnement des vrilles /état du limbe/ feuilles involutées / état des raisins /état de l’expression physiologique visuelle pour l’analyse du comportement.

Ces observations visuelles ou systématisées doivent permettre l’anticipation des besoins en fonction de la météo annoncée et du chemin à parcourir jusqu’à la maturité. Elles assurent la définition d’une stratégie d’irrigation en accord avec l’objectif de production.

Mise en place d’une sélection massale

Mise en place d’une sélection massale

La sélection massale est une technique permettant de préserver la diversité génétique du vignoble. Cette diversité peut être considérée comme faisant partie du patrimoine d’une propriété. La technique consiste à sélectionner des souches présentant des caractères visuels, agronomiques voire œnologiques satisfaisants, en vue de les multiplier. Pour éviter de multiplier des clones, il est préférable d’effectuer ce travail sur des parcelles plantées avant les années 1960.

Il existe plusieurs procédures de sélection massale.

La sélection massale rapide consiste à une simple observation de vieilles souches situées sur le domaine. Suivant la taille de la parcelle que l’on souhaite multiplier, entre 300 et 600 souches sont observées. Celles présentant les caractéristiques attendues par le viticulteur sont sélectionnées de manière empirique pour être multipliées.
Aucun test sanitaire n’est réalisé au cours de cette sélection. Les greffons qui sont sélectionnés au moment de la taille sont maintenus humides et stockés dans des sacs plastiques dont la température est comprise entre +8 et -3°C.
Une fois que la pépinière a reçu les échantillons, le viticulteur doit réaliser une déclaration de pépinière auprès de FranceAgriMer afin que cette dernière contrôle et autorise l’installation de la pépinière privée du viticulteur chez son pépiniériste. Les souches sont ensuite multipliées avec un porte-greffe qui est choisi par le viticulteur. A l’issu de cette multiplication, les souches n’ont subi aucun test, ni virale, ni agronomique ni œnologique. Réalisé dans ces conditions cette technique est particulièrement aléatoire, c’est donc une méthode qui comporte des risques.

La sélection massale sanitaire reproduit le même schéma de production qu’une sélection massale rapide mais des tests sanitaires sont réalisés sur les souches avant de réaliser leur multiplication. Il s’agit de test ELISA permettant d’écarter les souches atteintes du court-noué ou de l’enroulement viral. Ainsi, bien qu’il n’y ait aucun test agronomique et œnologique, les souches sont garanties exemptes de maladie virologique.

La sélection massale de précision suit le même schéma de production qu’une sélection massale sanitaire en y incluant des tests agronomiques et œnologiques. Ces tests sont là pour évaluer l’intérêt des souches sélectionnées. C’est pour cela que cette sélection dure environ 15 ans. Une fois les tests sanitaires réalisés, les souches sélectionnées sont multipliées et plantées dans une parcelle d’essai durant 7 à 8 années. Pendant ces années, les tests agronomiques et ensuite œnologiques sont pratiqués afin de ne sélectionner au maximum 9 souches par variétés.

 

Le choix de la sélection se réalise en fonction des objectifs de départ souhaités par le viticulteur.

La surface de vieilles vignes plantée avant l’emploi systèmatique de clone diminue d’années en années aux vues des besoins de restructuration. Si un travail de préservation de ce patrimoine n’est pas instauré rapidement, il sera reduit voir perdu définitivement.

Enfin il faut noter que les plants issus de sélections massales ne sont pas primés et ne peuvent prétendre aux subventions européennes.

Des haies au vignoble

Des haies au vignoble

En bordure de fossé, sur un talus, entre les parcelles ou le long des allées, les haies et bosquets façonnent et rythment les paysages viticoles.
Outre l’aspect diversification du paysage, les bénéfices pour l’agriculture sont nombreux en termes de biodiversité, protection des sols et de l’environnement, modération des effets climatiques et lutte naturelle contre les prédateurs.

Les intérêts :

Biodiversité : Les haies offrent gite et nourriture à une faune variée et permettent un meilleur déplacement de la faune et de la flore. La diversité biologique stabilise l’écosystème, le rendant moins sensible aux perturbations et à la pression parasitaire. La présence d’essences sélectionnées à proximité des cultures peut par ailleurs accueillir des espèces auxiliaires qui régulent naturellement les prédateurs de la vigne.

Protection : Une haie peut représenter un barrage naturel aux dérives de pulvérisation. Elle peut également limiter le ruissellement préservant ainsi l’érosion des sols ainsi que la pollution des cours d’eau.

Tampon climatique : En modifiant les passages d’air et en réduisant les écarts de température, les haies peuvent contribuer à modérer les effets climatiques, éoliens notamment.

Structuration et diversification du paysage

Le type de haie :

La sélection des essences dépendra de l’objectif souhaité, l’idéal restant de choisir des espèces naturellement présentes sur le territoire, adaptées au terroir :

Brise-vent : La haie doit être constituée d’un linéaire arbustif et arboré avec un développement en hauteur (15-20m). Les essences doivent donc être choisies en fonction de leur développement : charmes, chênes, tilleuls, érables, ormes, saules, noyers, châtaigniers, frênes. Cette haie doit être perpendiculaire à la pente et aux vents dominants.

Biodiversité et régulation des prédateurs : le choix doit se raisonner avant tout en fonction de l’axe hôte/auxiliaire/ravageur

Protection de l’environnement : L’objectif est alors d’implanter une haie filtrante, dense et fournie. La haie doit avoir une hauteur minimale de 3m. Il est dans ce cas recommandé de planter sur deux lignes en quinconces.

La plantation :

La préparation du sol doit se faire au début de l’automne. Elle doit permettre une bonne aération du sol sans toutefois retourner les horizons. Si besoin, un apport organique peut alors être réalisé.
Juste avant la plantation, un paillage doit être mis en place. Il faut le privilégier au désherbage pour maintenir le sol propre et préserver l’humidité. De la paille, du BRF ou autre matériau biodégradable peut être utilisé juste avant la plantation. L’utilisation de sous-produits viticoles (rafles ou sarments broyés) peut également être envisagée. La pose d’un matériau plastique imposera un temps de dépose.
La période de plantation idéale pour assurer une bonne reprise est fin novembre, mais l’opération peut s’étendre jusqu’à fin mars. Elle doit être immédiatement suivie d’un arrosage. La pose de poches de protection peut se justifier.

Il est possible de planter les haies sur une ligne, avec un espacement d’un à deux mètres selon les espèces. L’idéal est d’implanter la haie sur deux lignes en quinconce avec un écartement entre les deux lignes de 60-70cm et un espacement d’un à deux mètres.

L’implantation de haie constitue un sérieux atout écologique et permet de créer des ponts entre des réservoirs de biodiversité et le vignoble. Le coût de son installation doit prendre en compte le cout des plants, de la plantation, de l’entretien (taille, arrosages, gestion des adventices) ainsi que l’emprise foncière. Ce type de projet, d’intérêt environnemental, peut cependant être en partie subventionné par les conseils général et régional.