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Mise en place d’une sélection massale

Mise en place d’une sélection massale

La sélection massale est une technique permettant de préserver la diversité génétique du vignoble. Cette diversité peut être considérée comme faisant partie du patrimoine d’une propriété. La technique consiste à sélectionner des souches présentant des caractères visuels, agronomiques voire œnologiques satisfaisants, en vue de les multiplier. Pour éviter de multiplier des clones, il est préférable d’effectuer ce travail sur des parcelles plantées avant les années 1960.

Il existe plusieurs procédures de sélection massale.

La sélection massale rapide consiste à une simple observation de vieilles souches situées sur le domaine. Suivant la taille de la parcelle que l’on souhaite multiplier, entre 300 et 600 souches sont observées. Celles présentant les caractéristiques attendues par le viticulteur sont sélectionnées de manière empirique pour être multipliées.
Aucun test sanitaire n’est réalisé au cours de cette sélection. Les greffons qui sont sélectionnés au moment de la taille sont maintenus humides et stockés dans des sacs plastiques dont la température est comprise entre +8 et -3°C.
Une fois que la pépinière a reçu les échantillons, le viticulteur doit réaliser une déclaration de pépinière auprès de FranceAgriMer afin que cette dernière contrôle et autorise l’installation de la pépinière privée du viticulteur chez son pépiniériste. Les souches sont ensuite multipliées avec un porte-greffe qui est choisi par le viticulteur. A l’issu de cette multiplication, les souches n’ont subi aucun test, ni virale, ni agronomique ni œnologique. Réalisé dans ces conditions cette technique est particulièrement aléatoire, c’est donc une méthode qui comporte des risques.

La sélection massale sanitaire reproduit le même schéma de production qu’une sélection massale rapide mais des tests sanitaires sont réalisés sur les souches avant de réaliser leur multiplication. Il s’agit de test ELISA permettant d’écarter les souches atteintes du court-noué ou de l’enroulement viral. Ainsi, bien qu’il n’y ait aucun test agronomique et œnologique, les souches sont garanties exemptes de maladie virologique.

La sélection massale de précision suit le même schéma de production qu’une sélection massale sanitaire en y incluant des tests agronomiques et œnologiques. Ces tests sont là pour évaluer l’intérêt des souches sélectionnées. C’est pour cela que cette sélection dure environ 15 ans. Une fois les tests sanitaires réalisés, les souches sélectionnées sont multipliées et plantées dans une parcelle d’essai durant 7 à 8 années. Pendant ces années, les tests agronomiques et ensuite œnologiques sont pratiqués afin de ne sélectionner au maximum 9 souches par variétés.

 

Le choix de la sélection se réalise en fonction des objectifs de départ souhaités par le viticulteur.

La surface de vieilles vignes plantée avant l’emploi systèmatique de clone diminue d’années en années aux vues des besoins de restructuration. Si un travail de préservation de ce patrimoine n’est pas instauré rapidement, il sera reduit voir perdu définitivement.

Enfin il faut noter que les plants issus de sélections massales ne sont pas primés et ne peuvent prétendre aux subventions européennes.

Des haies au vignoble

Des haies au vignoble

En bordure de fossé, sur un talus, entre les parcelles ou le long des allées, les haies et bosquets façonnent et rythment les paysages viticoles.
Outre l’aspect diversification du paysage, les bénéfices pour l’agriculture sont nombreux en termes de biodiversité, protection des sols et de l’environnement, modération des effets climatiques et lutte naturelle contre les prédateurs.

Les intérêts :

Biodiversité : Les haies offrent gite et nourriture à une faune variée et permettent un meilleur déplacement de la faune et de la flore. La diversité biologique stabilise l’écosystème, le rendant moins sensible aux perturbations et à la pression parasitaire. La présence d’essences sélectionnées à proximité des cultures peut par ailleurs accueillir des espèces auxiliaires qui régulent naturellement les prédateurs de la vigne.

Protection : Une haie peut représenter un barrage naturel aux dérives de pulvérisation. Elle peut également limiter le ruissellement préservant ainsi l’érosion des sols ainsi que la pollution des cours d’eau.

Tampon climatique : En modifiant les passages d’air et en réduisant les écarts de température, les haies peuvent contribuer à modérer les effets climatiques, éoliens notamment.

Structuration et diversification du paysage

Le type de haie :

La sélection des essences dépendra de l’objectif souhaité, l’idéal restant de choisir des espèces naturellement présentes sur le territoire, adaptées au terroir :

Brise-vent : La haie doit être constituée d’un linéaire arbustif et arboré avec un développement en hauteur (15-20m). Les essences doivent donc être choisies en fonction de leur développement : charmes, chênes, tilleuls, érables, ormes, saules, noyers, châtaigniers, frênes. Cette haie doit être perpendiculaire à la pente et aux vents dominants.

Biodiversité et régulation des prédateurs : le choix doit se raisonner avant tout en fonction de l’axe hôte/auxiliaire/ravageur

Protection de l’environnement : L’objectif est alors d’implanter une haie filtrante, dense et fournie. La haie doit avoir une hauteur minimale de 3m. Il est dans ce cas recommandé de planter sur deux lignes en quinconces.

La plantation :

La préparation du sol doit se faire au début de l’automne. Elle doit permettre une bonne aération du sol sans toutefois retourner les horizons. Si besoin, un apport organique peut alors être réalisé.
Juste avant la plantation, un paillage doit être mis en place. Il faut le privilégier au désherbage pour maintenir le sol propre et préserver l’humidité. De la paille, du BRF ou autre matériau biodégradable peut être utilisé juste avant la plantation. L’utilisation de sous-produits viticoles (rafles ou sarments broyés) peut également être envisagée. La pose d’un matériau plastique imposera un temps de dépose.
La période de plantation idéale pour assurer une bonne reprise est fin novembre, mais l’opération peut s’étendre jusqu’à fin mars. Elle doit être immédiatement suivie d’un arrosage. La pose de poches de protection peut se justifier.

Il est possible de planter les haies sur une ligne, avec un espacement d’un à deux mètres selon les espèces. L’idéal est d’implanter la haie sur deux lignes en quinconce avec un écartement entre les deux lignes de 60-70cm et un espacement d’un à deux mètres.

L’implantation de haie constitue un sérieux atout écologique et permet de créer des ponts entre des réservoirs de biodiversité et le vignoble. Le coût de son installation doit prendre en compte le cout des plants, de la plantation, de l’entretien (taille, arrosages, gestion des adventices) ainsi que l’emprise foncière. Ce type de projet, d’intérêt environnemental, peut cependant être en partie subventionné par les conseils général et régional.

L’élaboration d’un vin effervescent par la méthode traditionnelle – Partie 1

L’élaboration d’un vin effervescent par la méthode traditionnelle – Partie 1

En pleine expansion depuis quelques années, la production de vins effervescents requiert plusieurs étapes clés à maitriser pour obtenir des produits originaux et identitaires.

Nous détaillons les points cruciaux à observer depuis la maturité des raisins jusqu’à la prise de mousse.
La suite du process sera abordée dans un deuxième temps.

A la recherche d’une maturité aboutie et d’un équilibre sucre/acide préservé

L’équilibre sucre/acide est un élément déterminant dans le choix de la date de vendange. Celui-ci se situe idéalement à 11 degrés d’alcool potentiels pour 7 à 9 g/l d’acidité totale. Pour autant, la décision de vendanger ne peut se résumer à ces seuls paramètres. Cette maturité technologique doit concorder avec une maturité aromatique et, dans une certaine mesure des pellicules. Les jus doivent être équilibrés, vifs sans aromatique végétale, sans verdeur en bouche ni impression tannique.

De ce fait, pour que toutes ces maturités concordent, les paramètres viticoles à privilégier sont :
– En climat frais : Cépages à cycle court, expositions chaudes, aération et exposition des grappes
– En climat chaud : Cépages à cycle longs, implantation en altitude, exposition fraiche sur terrain froid, protection des grappes du soleil
Pour préserver cette sensation de fraicheur dans les vins, les terroirs calcaires donnent les plus beaux résultats.

Craie du Crétacé Supérieur en Champagne

Chardonnay avant vendange en Champagne

La maitrise du pressurage

Dès la récolte, les raisins doivent être traités avec soin pour éviter tout phénomène d’écrasement, de trituration ou d’oxydation avant la phase de pressurage en elle-même. Pour cela, les raisins seront :
– Récoltés manuellement
– Transportés dans des petits contenants
– Acheminés rapidement au pressoir
– Chargés dans le pressoir avec une faible hauteur de chute

Chargement du pressoir en grappe entière

A l’intérieur de la baie, les jus de meilleures qualités (les plus sucrés, aromatiques et acides) se trouvent au cœur. Le pressurage est conduit pour les extraire en premier. Une fois ceux-ci écoulés, les jus sont fractionnés pour ne pas les mélanger avec ceux de deuxième qualité qui suivent (plus végétaux, moins d’acidité et sensation tannique).

Pour cela, une fois le pressoir chargé de raisins intègres, le pressurage s’effectue de manière douce et lente, en privilégiant les montées en pression progressive et évitant au maximum les rebêches. Sur pressoir pneumatique, la pression n’excède pas 1 bar au maximum et le cycle de pressurage peut prendre jusqu’à 3h30.

Une fois débourbés et fermentés, les vins sont totalement secs. La fermentation malo-latique est faite ou non selon les choix du vinificateur. Le vin de base est obtenu.

Prise de mousse et importance d’un bon levain

Principe de la prise de mousse
Toute fermentation est une transformation du sucre en éthanol par une levure. En outre, elle dégage toujours de la chaleur et du CO2. Pendant la fermentation d’un vin tranquille tout le CO2 est perdu dans l’atmosphère car les cuves sont ouvertes. Le principe d’obtention d’un vin effervescent est de piéger ce CO2 dans le vin. Il faut donc provoquer une deuxième fermentation à l’intérieur d’une bouteille fermée : c’est la prise de mousse.

Une deuxième fermentation en conditions difficiles
4g/l de sucre ajouté donneront 1 bar de pression à 12°C. Classiquement, il est ajouté 24 g/l de sucre pour arriver à 6 bars de pression après prise de mousse.

Juste avant la mise en bouteille, appelée tirage, le vin de base est additionné en sucre et en levain puis homogénéisé : c’est la mixion.
La réalisation du levain est un étape technique décisive pour la réussite de la prise de mousse. En effet, les conditions de fermentation sont extrêmement difficiles compte tenu de la nature du vin de base :
– pH bas : environ 3,0
– Taux d’alcool élevée : 11% vol.
– Présence de SO2 total
– T° de fermentation : 11°-15°C
Il sera initié plusieurs jours avant le tirage, pour permettre un développement et une acclimatation progressive des levures à ces conditions particulières. Il doit être irréprochable puisqu’il ne peut pas y avoir de deuxième essai en cas d’échec.

Vin après mixion prêt au tirage

Une fois tirés, les vins sont déposés à plat, sur latte pour la prise de mousse. Dans ces conditions difficiles elle s’effectue en une soixantaine de jours. En comparaison, il ne suffit que d’à peine quelques heures pour consommer cette quantité de sucre dans le première phase de fermentation alcoolique.

A suivre…