Des haies au vignoble

En bordure de fossé, sur un talus, entre les parcelles ou le long des allées, les haies et bosquets façonnent et rythment les paysages viticoles.
Outre l’aspect diversification du paysage, les bénéfices pour l’agriculture sont nombreux en termes de biodiversité, protection des sols et de l’environnement, modération des effets climatiques et lutte naturelle contre les prédateurs.

Les intérêts :

Biodiversité : Les haies offrent gite et nourriture à une faune variée et permettent un meilleur déplacement de la faune et de la flore. La diversité biologique stabilise l’écosystème, le rendant moins sensible aux perturbations et à la pression parasitaire. La présence d’essences sélectionnées à proximité des cultures peut par ailleurs accueillir des espèces auxiliaires qui régulent naturellement les prédateurs de la vigne.

Protection : Une haie peut représenter un barrage naturel aux dérives de pulvérisation. Elle peut également limiter le ruissellement préservant ainsi l’érosion des sols ainsi que la pollution des cours d’eau.

Tampon climatique : En modifiant les passages d’air et en réduisant les écarts de température, les haies peuvent contribuer à modérer les effets climatiques, éoliens notamment.

Structuration et diversification du paysage

Le type de haie :

La sélection des essences dépendra de l’objectif souhaité, l’idéal restant de choisir des espèces naturellement présentes sur le territoire, adaptées au terroir :

Brise-vent : La haie doit être constituée d’un linéaire arbustif et arboré avec un développement en hauteur (15-20m). Les essences doivent donc être choisies en fonction de leur développement : charmes, chênes, tilleuls, érables, ormes, saules, noyers, châtaigniers, frênes. Cette haie doit être perpendiculaire à la pente et aux vents dominants.

Biodiversité et régulation des prédateurs : le choix doit se raisonner avant tout en fonction de l’axe hôte/auxiliaire/ravageur

Protection de l’environnement : L’objectif est alors d’implanter une haie filtrante, dense et fournie. La haie doit avoir une hauteur minimale de 3m. Il est dans ce cas recommandé de planter sur deux lignes en quinconces.

La plantation :

La préparation du sol doit se faire au début de l’automne. Elle doit permettre une bonne aération du sol sans toutefois retourner les horizons. Si besoin, un apport organique peut alors être réalisé.
Juste avant la plantation, un paillage doit être mis en place. Il faut le privilégier au désherbage pour maintenir le sol propre et préserver l’humidité. De la paille, du BRF ou autre matériau biodégradable peut être utilisé juste avant la plantation. L’utilisation de sous-produits viticoles (rafles ou sarments broyés) peut également être envisagée. La pose d’un matériau plastique imposera un temps de dépose.
La période de plantation idéale pour assurer une bonne reprise est fin novembre, mais l’opération peut s’étendre jusqu’à fin mars. Elle doit être immédiatement suivie d’un arrosage. La pose de poches de protection peut se justifier.

Il est possible de planter les haies sur une ligne, avec un espacement d’un à deux mètres selon les espèces. L’idéal est d’implanter la haie sur deux lignes en quinconce avec un écartement entre les deux lignes de 60-70cm et un espacement d’un à deux mètres.

L’implantation de haie constitue un sérieux atout écologique et permet de créer des ponts entre des réservoirs de biodiversité et le vignoble. Le coût de son installation doit prendre en compte le cout des plants, de la plantation, de l’entretien (taille, arrosages, gestion des adventices) ainsi que l’emprise foncière. Ce type de projet, d’intérêt environnemental, peut cependant être en partie subventionné par les conseils général et régional.