L’ENROULEMENT VIRAL DE LA VIGNE

L’enroulement foliaire de la vigne est une maladie virale répandue dans toutes les zones viticoles du monde.

Elle est particulièrement en extension dans les zones à climat méditerranéen et peut toucher à différents degrés tous les cépages et porte-greffes.

Symptômes et dégâts

Le virus de développe dans les tissus conducteurs de la vigne et entravent alors la circulation de sève. Sur le feuillage, la maladie entraîne un enroulement des feuilles vers la face inférieure du limbe.

Sur cépages rouges, l’accumulation d’anthocyanes sur les feuilles de la base des rameaux laisse apparaître des tâches rouges. Le rougissement s’étend progressivement à l’ensemble du limbe, épargnant les nervures primaires et secondaires qui restent vertes. Le limbe s’épaissit et en fin de saison, les feuilles affectées brunissent et se nécrosent.

 

Sur cépage blanc, le jaunissement plus diffus est difficile à diagnostiquer et peut prêter à confusion avec d’autres problématiques.

 

Cette maladie perturbe la photosynthèse et occasionne des retards de maturation pouvant aller jusqu’à trois semaines.

Bien que l’enroulement n’entraîne pas la mort des ceps, elle affecte gravement la fertilité des pieds et se traduit par une baisse des rendements et de la qualité des mouts. La maladie est incurable.

Dans certains cas, le virus responsable de l’enroulement foliaire peut également entraîner des incompatibilités de greffage.

 

Les virus responsables

Les virus associés à l’enroulement foliaire, GLRaV (Grapevine leafroll-associated virus), sont des virus filamenteux de la famille des Closteroviridae, appartenant aux genres Ampelovirus Closterovirus. A ce jour, la maladie est associée à neuf espèces virales, de manière reconnue ou provisoire.

En France, seules trois espèces du virus entraînent des symptômes, les GLRaV-1, -2 et -3.

Les symptômes associés au type 2 sont de moindre intensité qu’avec les types -1 et -3, mais le GLRaV-2 est susceptible d’entraîner des incompatibilités de greffage avec certains porte-greffes.

Transmission de la maladie

La transmission à moyenne et longue distance s’effectue par le greffage de matériel végétal infecté.

Sur de courtes distances, la transmission peut également s’opérer par le biais d’un vecteur. Plusieurs espèces de cochenilles ont en effet été identifiées comme vectrices des virus GLRaV-1 et GLRaV-3 en France.

Ces insectes se nourrissent de sève et sont alors capables de transmettre le virus contenu dans la salive d’une plante infectée à une plante saine.

Moyens de détection

Trois méthodes permettent de confirmer l’observation des symptômes au vignoble:

  • Le Test ELISA : cette méthode sérologique consiste à ajouter une enzyme aux anticorps qui permettra de révéler la présence du virus par réaction colorée.
  • Le test PCR : cette méthode génomique consiste à détecter l’ADN du virus dans un tissus.
  • L’utilisation de variété indicatrices : cette méthode appelée indexage consiste à greffer sur variété sensible afin de confirmer l’apparition des mêmes symptômes.

Généralement, le test ELISA permet de réaliser un premier tri et d’éliminer les individus infectés. Les indexages ne sont alors réalisés que sur les clones ayant réagi négativement aux tests ELISA.

Moyens de lutte

L’enroulement étant une maladie incurable, les moyens de lutte sont limités :

  • Utiliser des plants certifiés indemnes
  • Éliminer les pieds infectés
  • Envisager une protection spécifique contre les cochenilles dans les zones ou la présence de la virose est confirmée et si la situation l’exige.