Restructuration d’une parcelle de vigne

Si le vigneron est parfois amené à restructurer une parcelle, il ne devrait avoir à le faire qu’une fois au cours de sa vie car un pied de vigne peut vivre plus de 100 ans.

Tout cela dépend de son modèle de production et de l’héritage dont il dispose.

Les raisons

  • Le matériel végétal en place n’est pas ou plus adapté à la production souhaitée : clone, cépage ou porte-greffe inadaptés…
  • Parcellaire mal exploité : densité de plantation, sens de plantation, problème d’utilisation des outils, dangerosité de la pente…
  • Mortalité importante ou faibles rendements : virus, pourridié, esca, passage d’eau, déformation suite à une intempérie…

Les opérations avant

Il est préférable d’éliminer, avant arrachage, tout le palissage (fils, poteaux, amarres, etc.).
Certains taillent à mort les pieds en ne laissant que le tronc et évacuent toutes les parties aériennes, ce n’est pas indispensable.

Temps de repos et dévitalisation
Le sol abrite des petits vers, nommés nématodes, qui peuvent, dans certains cas, être porteurs de virus pour la vigne. Une racine maintenue en vie malgré l’arrachage du pied dont elle est issue peu encore nourrir ces micro-organismes plusieurs années. C’est pourquoi, il est préconisé de réaliser un repos du sol (jachère) avant replantation. Si ce laps de temps n’est pas possible à tenir par le vigneron, la dévitalisation des pieds est à envisager.

L’arrachage

L’ objectif premier est d’éliminer l’ensemble des troncs et le plus de racines possibles issues des vignes.

Il existe différents mécanismes qui permettent de faire ces opérations mais ils sont généralement très lourds et peuvent facilement créer des traumatismes au sol : compactions en profondeur et/ou retournement des horizons pédologiques.

Il faut réaliser toutes ces opérations lourdes quand le sol est bien réessuyé : pas trop humide mais pas trop sec pour que la terre s’effrite et ne forme pas de blocs plus solides que les racines qui risquent alors de se casser.

Les outils mécaniques utilisés : une pelleteuse munie d’un peigne ou à défaut une arracheuse tractée munie d’un soc (sans émietter). La profondeur de travail dépend fortement du type de sol, de la nature de la roche mère, de la profondeur de sol tendre.

Il faut toujours une présence humaine pour récupérer tous ces déchets végétaux qui doivent être évacués de la parcelle.
Il est préférable de brûler cette matière végétale pour détruire les pathogènes (champignons, insectes ou virus nuisibles) qui pourraient se cacher dedans.

Certains préconisent un labour plus ou moins profond, il risque d’engendrer le retournement d’horizons pédologiques qui n’est pas une opération logique. Ce type d’opération doit donc être envisagé en fonction de la nature du sol, sa profondeur et du sous-sol.

    Les opérations après arrachage

    1ère phase d’études et d’analyses :

    C’est une période idéale pour réaliser ce travail s’il n’a pas été effectué avant.

    • Réalisation de fosses sur les différents secteurs afin de comprendre la variation des natures de sol, des horizons, le niveau de compaction…de prendre des échantillons de sols.
    • À partir des échantillons, on pourrait réaliser au choix :
      • Des analyses physiques : texture / calcul de la réserve en eau utile…
        • Des analyses chimiques : taux de MO, pH, principaux éléments (N, P, K, Ca, Mg, cations…)
        • Des analyses biologiques : niveau de la biomasse (faunes endogée et épigée), sa diversité / suivi des populations de nématodes porteurs de virus…

     2ème phase : réalisations de gros travaux de réaménagement :

    Avant toute opération, il faut juger de la nécessité de ces lourdes interventions au cas par cas.

    •  Si présence d’alios / de roches compactes affleurantes pouvant être brisées : Décompactage physique à l’aide d’un ripper
    • Si présence de sources, stagnation d’eau : mise en place de drainage
    • Réformation de croupes ou de terrasses
    • Réaménagement des tournières afin de favoriser la circulation de l’eau en dehors de la parcelle
    • Apport de fumure de fond : MO pour augmenter le complexe argilo-humique/correction de carence importante/ rééquilibrage puis enfouissement léger.

    Suite à cette étape, les opérations suivantes ont pour but de stabiliser de sol et de favoriser sa reconstruction pour réduire les potentiels traumatismes physiques subis.

     

    La phase de stabilisation de la parcelle

    L’emploi de couvert végétaux est fortement encouragé pour :

    • Eviter tout type d’érosion.
    • Stabiliser le sol.
    • Apporter de l’oxygène au sol, favoriser la vie microbienne, pour améliorer la structure du sol.

    L’emploi de couvert végétaux est fortement encouragé pour :

    • Eviter tout type d’érosion.
    • Stabiliser le sol.
    • Apporter de l’oxygène au sol, favoriser la vie microbienne, pour améliorer la structure du sol.

    En fonction du type de semi ou du ménage implanté, les effets divergent : système racinaire/ les légumineuses apportent de l’azote au sol/ effet nématicides/ effet acidifiant et structurant des crucifères/ volume de matières végétales apportées.

    On peut implanter entre 2/3 différents couverts sur une année avec au choix un travail de griffage ou pas avant nouveau semi.

    Conclusion

    L’ arrachage, la préparation d’une parcelle puis sa replantation sont des opérations lourdes et coûteuses pour le vigneron. L’idéal serait de prévoir 7 ans de repos entre l’arrachage et la replantation mais en ajoutant 3 ans entre la plantation et la première petite récolte cela représenterait au total 10 ans sans production. Cela est rarement économiquement réalisable pour un domaine surtout si l’on considère qu’un vignoble dans son ensemble devrait être restructuré tous les 80 ans ce qui est déjà très optimiste.

    Il faudrait donc pouvoir bénéficier d’un repos d’au moins 1,5 ans entre l’arrachage et la replantation et surtout allonger cette période sur les vignobles plus infectés par les virus ou devant subir de gros aménagements.